Uyuni : du Salar au Sud Lipez

La région d’Uyuni est connue pour être la plus touristique de Bolivie et c’est par la que nous avons commencé notre découverte du pays.

La plupart des touristes visitent cette région via des tours organisés par des agences. La visite du Salar et le circuit du Sud Lipez sont des classiques. L’avantage de ce genre de tour est que tout est pris en charge et il suffit de monter dans le 4×4. L’inconvéniant, c’est le manque de liberté, un timing minuté et une caravane de 4×4 remplie de touristes qui suivent le même programme.

On a donc choisi la solution offensive en faisant tout par nous-même avec notre 4×4. La partie la plus aventureuse était le Sud Lipez, avec des pistes annoncées compliquées par endroits, peu voir pas de ravitaillement en essence et des températures de nuit frôlant les -15/-20 degrés Celcius le plus au Sud mais tout ça dans un cadre magnifique. Le menu est annoncé, en route! (certaines routes prises ne sont pas connues de Google d’où l’itinéraire un peu approximatif mais l’idée est là)

Dès notre arrivée en Bolivie par le passage frontière d’Ollagüe, nous avons décidé de passer par le Salar pour rejoindre Uyuni.

dsc00983L’étendue blanche devant nous paraît infinie. Nous suivons les traces noircies par la gomme au milieu de ces hexagones formés par le sel. Mais comment peut se former une telle étendue ? Sur quoi roulons-nous ? Qu’y a t-il en dessous ? Pas le temps de s’interroger plus que déjà au loin apparaît maintenant une île flottante en forme de soucoupe volante. Sur notre droite au loin une autre forme se déplace et on dirait un vaisseau tout droit sorti de Star Wars. Les kms défilent, l’île prend forme et le vaisseau s’avère être un autre 4×4. Les illusions d’optique sont perturbantes et on se fit uniquement aux formes au loin qui deviennent des directions.
Au milieu de nulle part se dresse une île faite de cactus géants et de coraux où bon nombre de vaisseaux se sont amassés, c’est l’île Incahuani. En se balandant au milieu des catus de cet sous, on découvre une vue imprenable sur l’immensité du Salar.
Nous choisissons la plus paisible île Pescado comme demeure d’un soir. Les dernières lumières du soleil nous réchauffent avant que la nuit froide s’installe. Heureusement, le feu de quelques branchages allongera la soirée accompagnée des accords du guitalélé et de quelques gouttes de pisco sous la bonne garde de la lune qui laissera au salar sa couleur blanche pour la nuit dans un silence complet.

Notre deuxième journée dans le Salar pourra se résumer par des coups de soleil, du sel,un déjeuner au milieu du Salar et des opérations photos souvenirs. Le ciel se couvre et le coucher de soleil n’en est que plus beau !

dsc01304

Pour répondre à quelques unes de mes interrogations et étonnements , le Salar d’Uyuni est en fait le plus grand désert de sel du monde avec sa superficie de 10582 km². Entre décembre et mars, il se recouvre d’eau et devient un véritable miroir. Il est plus difficile d’accéder au Salar pendant cette période. La croûte de sel qui constitue le Salar est né de la disparition du lac Tauca à l’époque préhistorique.
Le sel du Salar est composé de différentes matières et notamment de lithium (1/3 des ressources mondiales) convoité notamment pour la fabrication des batteries.

dsc01383Sans transition aucune, nous prenons le temps de recharger les batteries à Uyuni et de visiter la ville, son marché et de découvrir les premières cantines, petites cabanes métalliques tenues par des boliviennes qui servent des repas peu chers (1-2€) allant du burger/hot dog au plat de riz avec viande de lama par exemple. A celà s’ajoute celles du marché ou l’on peut prendre un repas complet pour des prix très corrects. Ça fait du bien au porte-monnaie mais le plaisir gustatif n’est pas toujours garanti selon les endroits.

Il est maintenant temps de partir pour le Sud Lipez. Nous avons choisi de faire le tour du Sud Lipez au départ d’Uyuni dans le sens inverse des tours classiques (en terminant par le Salar) pour vraiment profiter au maximum des lieux sans devoir se battre pour prendre une photo ou vidéo.

dsc01345On commence par le cimetière de train d’Uyuni (à faire avant 10h pour éviter les tours), paradis des photographes, des enfants et lieu idéal pour tourner un clip ;-). Ces nombreuses locomotives à l’abandon nous transportent dans une ambiance particulière où le temps s’est arrêté.

On file vers le Sud-Lipez et la Valle de Rocas. Cette vallée est un champ d’énormes blocs rocheux issus d’éruptions volcaniques. La taille de ces roches et leurs formes originales sont très prisées des amateurs d’escalade et des photographes évidemment.

On continue notre route et nous découvrons le prix d’entrée de la réserve nationale Eduardo Avaroa (150 bolivianos pp) qui tape sérieusement dans notre réserve d’argent pour le périple. A suivre…On arrive déjà sur la Laguna Colorada et sa couleur rouge cuivrée est déconcertante. Cette couleur est provoquée par les sédiments présents dans l’eau et les algues microscopiques. Nous décidons de dormir dans le refuge pour éviter un peu le froid et on en profite pour acheter un peu d’essence à un chauffeur présent au refuge, on s’assure quelques kms supplémentaires.

Le réveil le lendemain est sublime, la Laguna Colorada est plus rouge encore que la veille et les couleurs jaunes, vertes, bleus et blanches qui l’entourent rendent le paysage irréel. Ponctuée de flamands roses qui pataugent, de lamas qui s’hydratent et de vicunas qui courent, c’est ce genre de moment que l’on n’oublie pas.

dsc01603

On continue vers le Sud où plusieurs arrêts nous attendent :

– Geysers sol de mañana

dsc01617

– Piscine naturelle Polques

dsc01685

– Désert de Dali, une peinture en paysage…ou l’inverse. Ce lieu offre des couleurs proches du surnaturel, toile de fond des oeuvres du peintre.

whatsapp-image-2016-11-20-at-10-20-09

– Lagunas Blanca et Verde : 2 lagunes proches du volcan Licancabur (visible depuis San Pedro de Atacama) et donc de la frontière chilienne. La laguna verde doit son nom à la couleur qu’elle prend entre 12h et 14h, due au magnésium présent dans l’eau. On y aura surtout goûté un gros vent qui nous poussera manger dans la voiture.

dsc01679

Il est déjà tard et la Laguna Colorada nous accueillera une nuit de plus mais cette fois-ci sous la tente et comme disaient nos précédents hôtes c’est pas si pire une fois que la technique multicouche de l’oignon est en place.

Nous attaquons la dernière journée avec une dernière recharge d’essence négociée, une dizaine de bolivianos en poche, un pneu crevé et 150 kms de route compliquée à venir, faut que ça le fasse !

– Arbol de Piedra

dsc01699

– Désert de Siloli

– Lagunes (Cachi, Ramaditas, Honda, Chiar Khota, Hedionda, Cañapa) et ses nombreux flamands roses

dsc01718

10 routes différentes se forment devant nous au milieu du désert de Siloli, il faut en choisir une même si toutes sont creusées par les 4×4. Notre bolide n’est pas bien haut et rouler dans les traces est impossible sans endommager le dessous de la voiture, il faut véritablement faire l’équilibriste entre les tranchées. La technique du crabe s’avère souvent efficace et à peine dsc01700le désert avalé que se dresse face à nous l’enchaînement de lagunes et une route rocailleuse prête à exploser nos derniers pneus. Heureusement, notre pilote de Dakar est prudent et nous sortirons de ce passage épique sans encombre.

Le temps est compté pour finir la boucle par le Salar avant le coucher du soleil et à peine l’étendue blanche retrouvée que le voyant d’essence nous alerte qu’il ne faudra pas faire de détour… C’était sans compter sur la nuit tombée sur le Salar qui nous enlève tous nos repères. Malgré un passage dans l’usine d’extraction du sel et quelques changements de directions, on est sorti du Salar de nuit et on a pu rechargé le réservoir pour rejoindre Uyuni.

L’aventure Sud Lipez se termine sur ce coup de stress mais l’aventure était épique et on ne regrette pas tellement on a pu prendre le temps d’admirer ces paysages uniques aux couleurs irréelles. On parlait de Dakar et il suivra en effet nos traces en janvier 2017 puisqu’à nouveau Uyuni sera une ville étape. Voyez plutôt en images notre version plus tranquille en chanson 🙂 :

6 Commentaires

  1. AMCarlier dit : Répondre

    Super !!! L’attente d’Uyuni était justifiée !
    Vous savez donner à chaque découverte le dynamisme, la créativité, la justesse et le brin de folie qui accompagnent les situations même les plus ubuesques voire stressantes, mais en toute LIBERTE.
    Le guide du routard n’a qu’à bien se tenir.

  2. zabeth dit : Répondre

    super montage vidéo! j’ai adoré la petite chanson/choré en play back :-).
    les paysages sont merveilleux, ça fait du bien de voir tant de beauté…
    je me sens l’âme poète!
    merci pour ce bon moment!!

  3. ohyeahchantal dit : Répondre

    Magnifique !!! Des paysages à couper le souffle, irréels.
    Profitez en au maximum…

  4. Audrey dit : Répondre

    Un vrai et beau dépaysement ! Beau play back !!! Musique sympa… Quelle belle aventure.. !!!!

  5. Bruno OYER dit : Répondre

    Quels plaisirs de découvrir à chaque fois vos reportages!
    Plaisir des des yeux, grâce aux magnifiques paysages que vous réussissez à capturer, mais aussi plaisir de se cultiver en lisant vos commentaires très riches et enfin plaisir de vous suivre et de partager avec vous cette magnifique aventure.
    J’ai adoré les paysages à la Dali, mais également vos montages photos et pour terminer votre vidéo enjouée et rigolote.
    A très bientôt et encore merci de nous avoir emmené avec vous et de nous offrir ce merveilleux voyage.

  6. Pascale Oyer dit : Répondre

    Coucou, j’étais impatiente de regarder ce nouveau reportage. Toujours aussi superbe, que de rêves. La vidéo est à couper le souffle, ( mais non, je ne reprends pas la phrase de Chantal), j’ai vraiment resté bouche baie de vous voir vous éclater de cette façon. Les photos sont de vraies cartes postales.
    Felictations à vous quatre. A bientôt pour la suite de votre aventure. 😃

Laisser un commentaire