Les chutes d’Iguazu

Une étape forte de l’aventure vient d’être franchie. Nous venons de nous séparer de notre fidèle compagnon qui nous aura emmenés partout durant ces 6 mois. Notre 4×4 poursuivra sa route en Amérique avec deux français. C’est aussi à ce moment que nos chemins commencent à se séparer. Rémi rentre en France pour reprendre son travail dans quelques jours. Florian part de son côté rejoindre des amis et sa famille à Buenos Aires puis au Brésil. C’est sur ces fortes émotions qu’avec Julie nous poursuivons le voyage en direction du Brésil. Le franchissement de la frontière se fera via les chutes d’Iguazu ! Nous sommes vraiment contents de pouvoir enfin y aller car il nous avait fallu y renoncer lors de notre circuit en Argentine. Elles sont en effet situées tout au nord du pays, cela nous aurait fait un trop gros détour à l’époque.

Notre budget et notre planning se resserrant, nous optons pour un vol pas cher nous emmenant de Santiago à Buenos Aires. Connaissant les lieux, nous ne perdons pas de temps et obtenons à la gare routière les 2 dernières places d’un bus top confort partant quelques heures plus tard pour Puerto Iguazu. Nous espérons pouvoir profiter des sièges s’inclinant intégralement pour arriver en forme le lendemain midi à destination.


Musique – Work of Art – Jimmy cullum

Puerto Iguazu

A Buenos Aires nous avions déjà pris une claque de chaleur mais là à Puerto Iguazu c’est la folie. Surtout que maintenant nous n’avons plus le 4×4 pour porter nos affaires ! Tous dégoulinants, nous nous arrêtons dans un commerce pour acheter de l’eau et apprenons qu’en ce moment il ne ferait pourtant « pas si chaud »…

Nous déposons nos affaires chez nos hôtes qui nous conseillent sur les possibilités dans le coin avant d’aller le lendemain aux chutes. C’est ainsi que nous partons visiter le refuge d’animaux Güiraouga. Ce nom signifie en local « refuge d’oiseau » mais depuis quelques années, ils accueillent d’autres espèces. Au début de la visite nous traversons la jungle installés à l’arrière dans une remorque de tracteur . Parce qu’il s’agit d’un centre de préservation, le chemin a été tracé en fonction de la topologie naturelle des lieux, c’est pourquoi nous ne cessons d’enchaîner les virages au milieu de ces arbres géants. On retiendra surtout les perroquets magnifiques dans leurs couleurs flamboyantes. Attention à ne pas parler trop fort pour ne pas polluer leur vocabulaire. En effet leur capacité à reproduire des sons leur sert à se protéger des prédateurs et pas à raconter des histoires drôles. Julie s’adaptant plus rapidement à la transition vers le portugais m’explique les histoires de braconnage. Par exemple les douaniers trouvent parfois des dizaines de bébés perroquets dans des thermos, mort étouffés bien évidemment… Dans le centre ils ont également sauvé un crocodile du braconnage. Nous sommes étonnés car nous en comptons deux dans l’enclos. Les guides nous expliquent que ce fût une surprise pour eux aussi car ce deuxième crocodile est arrivé de lui-même il y a quelques mois, probablement en sentant le crocodile femelle dans l’enclos à quelques kilomètres à la ronde… Pas très rassurante cette visite, c’est la jungle ici ! Haha !

En fin d’après midi nous suivons l’autre conseil de nos hôtes et traversons la ville pour aller au Punto do tres fronteras (la pointe des trois frontières). Nous apercevons d’ici les berges du Brésil et du Paraguay. Dans ce lieu insolite se rassemblent au soir des gens pour y jouer de la musique. Parfait pour clôturer la journée.

Les chutes d’Iguazu côté Argentine

Les chutes sont réputées comme étant les plus belles du monde. Pour vous donner quelques chiffres elles sont 3 fois plus grandes que les chutes du Niagara et le site contient environ 275 cascades étalées sur 2,5 km. Elles peuvent atteindre 80 mètres de hauteur et déversent 6 millions de litres d’eau par seconde.

Dès l’entrée dans le parc nous sommes accueillis par les Coatis, ces petits animaux ressemblent à des ratons laveurs. Nous prenons un petit train pour aller à la Gorge du Diable (Garganta del Diablo). Le fleuve Parana se déverse dans une grande dépression : c’est la cascade principale du site. Pour y aller nous empruntons des passerelles qui traversent ce fleuve. En approchant nous entendons de plus en plus le bruit de la cataracte mais elle reste invisible pour le moment. Sur le côté on aperçoit les restes d’une ancienne passerelle qui n’aurait pas survécu à une crue. La nôtre est solide j’en suis sûr… Ça y est la voilà ! La passerelle nous emmène pile au dessus, la vue est époustouflante. C’est impressionnant que ce trou engloutisse le fleuve.

Nous repartons en train pour parcourir différents sentiers qui donneront des points de vue depuis le haut ou le bas des chutes. Nous étions impressionnés par cette Gorge du Diable et en arrivant sur la passerelle du haut nous sommes de nouveau ébahis. On observe l’immensité des lieux, un mur de plusieurs kilomètres depuis lesquels se jettent des dizaines de cascades. Avec cette jungle luxuriante on se dit que nous sommes bien face à l’Amazonie telle qu’on l’imagine ! Nous sommes en plein Indiana Jones !

Sur le bas de la rivière les touristes en recherche de sensation grimpent dans un bateau qui va essayer de les approcher au plus près des cascades. Ça à l’air de bien secouer et de bien mouiller, on ne les voit même plus car ils sont cachés par les nuages de pluie fine. D’ailleurs grâce à cette eau en suspension on ne cesse de voir des arcs en ciel sautant de cascade en cascade, c’est vraiment magnifique.

Le soleil approche de l’horizon c’est le moment de repartir vers notre logement. En arrivant nous rencontrons sur le pas de notre porte Florian. Demain nous ferons ensemble les chutes d’Iguazu côté Brésil. Pour l’heure c’est le moment de partager avec nos hôtes notre dernier apéro Argentin. Sur la petite terrasse de notre maisonnette, ils nous racontent comment ils ont eu l’opportunité de reprendre cette maison d’hôtes et nous en apprennent plus sur les caractères argentins selon les régions ! Cette dernière soirée en espagnol nous donne envie de nous féliciter des progrès que nous avons fait en langue durant ce voyage. Nous pouvons maintenant échanger quelques conversations avec les locaux, c’est beaucoup plus sympa !

Les chutes d’Iguazu côté Brésil

N’ayant plus le 4×4 nous traversons la frontière en taxi. Le Brésil possède environ 10% de la surface des chutes mais ça vaut également le coup d’y aller.

Ce site offre une vue plus globale des chutes, de plus au premier plan nous, les coatis s’amusent à prendre la pose pour le plus grand bonheur des visiteurs : quel décors splendide ! Un chemin surplombe la rivière et nous emmène à différents points de vue. On s’amuse à retrouver nos différentes étapes de la veille à travers les cascades. Le côté brésilien offre également une opportunité unique : le survol des chutes en hélicoptère ! Le temps un peu couvert nous fait hésiter car le prix des tickets n’est pas donné. Faute de décision, nous nous dirigeons vers l’héliport où les pilotes s’empressent de nous rassurer : la visibilité sera très bonne car nous volons bas. Ok, c’est parti on y va ! On ne regrettera absolument pas cette dernière folie ensemble !

L’équipe nous répartie dans l’hélicoptère. Je me retrouve à la position du copilote, Julie et Florian sont installés à l’arrière. Le pilote incline son manche et en quelques secondes, nous survolons déjà la forêt. La sensation de vol est extraordinaire, nous avons tous le sourire. Ça y est, les voilà ! D’un regard nous pouvons maintenant voir l’intégralité des chutes que nous avons vu sur deux jours. Immense, c’est le premier mot qui nous vient en tête. Majestueux est le second adjectif. C’est vraiment impressionnant de ce que la nature peut produire comme beauté. Elle semble façonner les paysages pour y créer des œuvres qui inspirent, engendrent le respect. Celle-ci en est, j’en suis certain, l’une des plus belles en ce monde. On a le sentiment que c’est de l’ordre du divin !

Le pilote sait y faire et nous donne de bons points de vue. La maîtrise des virages et des petits plongeons est enivrante. Étant plus près, nous arrivons même à repérer notre circuit terrestre. Nous entamons le dernier angle de vue. L’hélicoptère suit le lit naturel de la rivière qui va s’engouffrer dans la Gorge du Diable. Incroyable la quantité d’eau qui se jette dans ce gouffre. La vapeur d’eau est projetée à des centaines de mètres au dessus. Quelle chance nous avons de voir ce spectacle ! L’émotion nous gagne. Peut-être que cet instant du voyage y participe aussi. Sans le dire, nous savons que nous approchons un peu plus de la fin du voyage. De mes yeux humides, je me retourne vers Julie, vers Florian. Je sais qu’ils partagent la même chose. Cet instant restera ancré à jamais.

3 Commentaires

  1. waooooo le mega brumisateur géant !!!!!! Top la vidéo. Merci pour l’article avec toutes les infos sur ce site incroyable.

  2. Bruno OYER dit : Répondre

    Que de beautés (je ne parle pas de vous, les loulous, mais des paysages), les images sont magnifiques, et on imagine aisément l’émotion que vous avez du ressentir à proximité de ces merveilles; vous deviez faire corps avec ces chutes, tout vos sens devaient être mis à contribution, vos yeux, vos oreilles, votre peau. Que souhaiter de mieux pour terminer votre beau voyage. Encore un grand merci de nous avoir emmener avec vous et permis de découvrir tant de choses inconnues de nous et tant de beauté.

  3. Pascale Oyer dit : Répondre

    Coucou,
    Magnifique, époustouflant, extraordinaire, incroyable.
    Que de belles images que vous nous avez apporté pendant ce long séjour d’un an.
    Encore un grand merci et bravo…

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