La nuit boréale

Aaah l’Islande, le pays des aurores boréales. Encore faut-il être chanceux pour en observer. C’est ce qui renforce d’ailleurs la magie de ce phénomène. Nous avons essayé d’augmenter notre facteur chance en étudiant la meilleure fenêtre possible.

Tout d’abord élément primordial, il faut pouvoir voir le ciel. Et oui, ce n’est pas si simple dans ce pays qui est assez nuageux et qui a un climat très variable changeant d’heure en heure. Le second point est de connaître le degré de potentialité d’apparition des aurores. Comme on le sait, nous avons plus de chance de voir des aurores en nous approchant des pôles. Suite à l’effet boomerang de la magnétosphère c’est ici que le vent solaire revient exciter les particules de notre atmosphère et dessiner ces traînées vertes ou violettes. L’idéal est qu’une grosse éruption solaire ait eu lieu deux jours avant. Ainsi, c’est le jackpot et le degré d’apparition pourrait même atteindre son max à 9 Kp et descendre jusqu’aux tropiques ! Bon ça risque aussi de détruire toutes nos installations électriques mais ça vaut le coup.

KP

Au possible, éviter les jours de pleine Lune pour apprécier en même temps la beauté des étoiles. Mais sinon pour faire plus simple, on va sur le site vedur.is qui, chose étonnante, est très précis pour la météo. Une partie est dédiée aux aurores et précise ces informations.

Aurore2

Nous avons donc choisi ! Ce sera dans la nuit de mardi 2 mars à mercredi à 2h du mat, le degré étant à 3, c’est-à-dire niveau moyen. Ce n’est pas l’idéal mais le meilleur créneau sur notre semaine. Serons-nous chanceux et quelles formes auront-elles ? Figées, dansantes, horizontales, en spirales ?

Aurore qui hante mes nuits

Des bruits dans le couloirs me réveillent, minuit, trop tôt normalement le réveil était prévu dans deux heures. Autant en profiter pour jeter un œil par la fenêtre. Super le ciel est dégagé ! On s’équipe pour affronter les heures dans le froid nocturne : chaussette de ski, collant, tient la dernière fois que j’ai mis ça c’était pour la soirée de départ sur le thème carnaval, ce n’est pas désagréable, pantalon polaire, teeshirt manche longue, sous pull polaire, pull, veste polaire, veste coupe vent, écharpe, bonnet, sous gant, gant, chaussure randonnée. C’est bon je peux encore bouger ! On sort et on apprécie le ciel étoilé mais j’avoue je guette les lueurs vertes. Un voile semble être présent dans le ciel. Notre experte islandaise sort son appareil photo, fait un test et nous dit que c’est bien une aurore. Sur son écran la tâche apparaît bien en vert. On décide de prendre la voiture pour s’éloigner des quelques maisons. En effet en Islande il est de coutume de laisser les lumières allumées le soir pour accueillir un éventuel voyageur ou pour chasser les esprits. Quoiqu’il en soit c’est bien sympa mais nous on veut zéro lumière. On s’installe dans un chemin, on pose notre matériel et c’est parti pour la chasse aux aurores. Les minutes passent, nos appareils enregistrent bien le phénomène mais nos yeux ne sont pas en mesure de les voir. L’aurore est très étendue dans le ciel, elle est peut-être trop diffuse. Quelle frustation ! elle est là juste devant nous mais invisible en même temps. Nous apprendrons plus tard que nous avons observé non pas une aurore mais un arc boréal. En tout cas cette chasse était vraiment amusante, ce sera pour une prochaine fois c’est tout !

Mise à jour : Nous avons vu des aurores quasiment en vrai ! Enfin affalé dans des poufs la tête levée vers le dôme à 360° du planétarium à Montréal. La réalisation de ce spectacle Aurora est surprenante nous sommes réellement immergés dans ce spectacle grandiose. Lorsque le phénomène atteint son paroxysme les aurores dansent en temps réel. Les anciennes légendes racontent que ce serait des dieux qui jouent ou que ce serait l’apparition des âmes des défunts. Notre présentateur nous fait même entendre l’enregistrement d’une aurore. En effet certains témoignages indiquent que les aurores crépitent ou claquent. La science n’arrive pas à l’expliquer à ce jour.

Musique : Le beau Danube Bleu – Johann Strauss

5 Commentaires

  1. zabeth dit : Répondre

    ça doit être frustrant de les voir sur l’appareil seulement… mais le rendu sur video est sympa!

  2. Oyer dit : Répondre

    Video et le commentaire intéressant.
    j’apprends pleins de choses avec vous.
    Biz biz 😃 à vous deux.

  3. AMCarlier dit : Répondre

    Merci d’avoir documenté et expliqué les conditions de survenance et d’observation. Ceci confirme que nous ne pouvions en voir lors de notre séjour en Laponie ….. même sur l’appareil photo !

    1. Caribou et flûte de Pan dit : Répondre

      L’année est longue, peut être que ce ne sera pas la dernière lumière verte que l’on observera 😉

  4. Alexis L dit : Répondre

    J’aime bien ce mode raconté à la première personne qui vient au milieu du billet 🙂

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